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Feuilles d’automne 2014 : l’Alliance française de Sapporo accueille l’écrivain Patrick Lapeyre ー読書の秋2014スペシャル・イベント~小説家パトリック・ラペイル

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Si sur les arbres les feuilles commencent à se faire rares à Hokkaido, celles du festival littéraire et de bande dessinée Feuilles d’automne étaient encore bien fournies, pour sa 7e édition. Cette année, le samedi 8 novembre, l’Alliance française de Sapporo accueillait l’écrivain français Patrick Lapeyre pour une rencontre spéciale, en partenariat avec l’Institut français du Japon et l’éditeur japonais Saskuhinsha, dans le cadre du 90e anniversaire du partenariat culturel franco-japonais.

文 学とBDのフェスティバル「読書の秋2014」。7回目を迎える今年は、アンスティチュ・フランセ日本の支援の下、日仏文化協力90周年記念の一環として 開催されました。札幌アリアンす・フランセーズでは、11月8日(土)、フランス人作家パトリック・ラペイルを招いて講演会を行いました。

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Le romancier s’est entretenu devant la trentaine de participants sur la question des prix littéraires et de leur pertinence, mais également sur le poids la critique littéraire et le travail d’écriture en général. A la fin de la conférence, il a répondu aux nombreuses questions.

 約30人の参加者を前に、ラペイル氏のお話は文学賞問題及びその是非、文芸評論の影響、さらに物書き全般に及びました。最後の質疑応答では、会場からの数多くの質問に、真摯に答えておられました。

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L’ouvrage de Patrick Lapeyre ayant remporté le prix Femina en 2010 a été traduit en japonais et édité chez Sakuhinsha en 2012 (trad. Hiroki Toura et Olivier Brimann). Après la conférence, une séance de dédicace était organisée, et les participants pouvaient discuter avec l’auteur.

2010年度フェミナ賞受賞作『La vie est brève et le désir sans fin』は邦訳され、『人生は短く、欲望は果てなし』(東浦弘樹/オリヴィエ・ビルマン訳)というタイトルで、2012年に作品社から出版されており、講演後、邦訳版の販売及びサイン会を行いました。参加者も作家と直接お話ができ、有意義なひと時となりました。

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Rencontre avec Patrick Lapeyre ーパトリック・ラペイルを囲んで

Patrick Lapeyre est né en juin 1949 à Paris. Après des études de Lettres modernes à la Sorbonne, il devient professeur de français. Il commence sa carrière littéraire par la publication, en 1984, de Le Corps inflammable puis publie ensuite La Lenteur de l’avenir en 1987, Ludo & Compagnie en 1991, Welcome to Paris en 1994, Sissy, c’est moi en 1998 et L’Homme-sœur en 2004 qui obtient le Prix du Livre Inter. La vie est brève et le désir sans fin est disponible au Japon chez Sakushinsha.

Au sujet du Festival Feuilles d’automne (1-29 novembre) : Tout le programme

Dédié à la production littéraire en français et avec une programmation pluridisciplinaire, ce festival organisé par l’Institut français du Japon met en lumière chaque année les plus brillants écrivains et dessinateurs de bande dessinée Français et Japonais.

Cette année, le centenaire de la première guerre mondiale occupera une place centrale.

Rencontre avec l’écrivain Patrick Lapeyre

Samedi 8 novembre | 17H30 à 19H30 | Alliance Française de Sapporo | Entrée libre | En français et en japonais | Réservation conseillée, dans la limite des places disponibles.

Renseignements : Alliance Française de Sapporo

 

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1949年、 パリに生まれたパトリック・ラペイルは、ソルボンヌ大学で現代文学を専攻し、フランス語の教師になりました。1984年、処女小説『Le Corps inflammable』を上梓。以後、『La Lenteur de l ‘avenir』 (1987年)、『 Ludo & compagnie』 (1991年)、 『Welcome to Paris』 (1994年)、 『Sissy, c’est moi』 (1998年)と次々に小説を発表し、2004年発表の『L’Homme-soeur』 はLivre Inter賞を受賞。『人生は短く、欲望は果てなし』の邦訳版が2012年作品社から出版されました。

読書の秋 2014 について: プログラム

「読書の秋」は、フランス語で創作された文芸作品を広く知っていただくために、アンスティチュ・フランセ日本が毎年企画しているイベントです。多様かつ学際的なプログラムで、フランスや日本の素晴らしい文筆家やマンガ家を取り上げています。

2014年の中心的テーマは「第一次世界大戦100年記念」です。

フランス人作家パトリック・ラペイルを囲んで

1月8日(土)17:30~19:30|札幌アリアンス・フランセーズ

無料|フランス語・日本語(通訳付)

お申込みはお電話でお受けいたします。定員に達した場合は聴講をご遠慮いただく場合がございます、ご了解ください。

予約・お問い合わせ: 札幌アリアンス・フランセーズ

 

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連続小説: Possession Chapitre 5

Les étudiantes de l’atelier de littérature sont fières de vous présenter leur feuilleton. Découvrez toutes les deux semaines l’un des 5 chapitres qui composent Possession!

 文学講座の生徒達が連続小説を完成しました。二週間に一度、一章ずつアップします。お楽しみに!タイトルは「Possession」です!

Possession 

Chapitre 5 par Ayako

  Hélène avait compris que la magie était entrée dans François et que son âme avait été changée magiquement par celle de Kiku, le fantôme. Il était possédé par un esprit malin.

  Hélène décida d’exorciser l’âme de Kiku et de l’extirper de celle de François. Elle essaya plusieurs méthodes. D’abord elle mit des herbes médicinales dans sa nourriture et pendit de l’ail sur tous les murs de la maison. Mais cela n’eut pas l’effet escompté. Hélène prépara de la drogue en utilisant des tritons, des grenouilles et du sang d’animaux. Mais François, détestant cela, ne l’avait pas mangé.

  Hélène consulta sa grand-mère pour savoir comment exorciser l’âme de Kiku. Hélène connaissait les exorcismes occidentaux, qu’elle avait vus au cinéma, mais ne savait rien des exorcismes japonais. Sa grand-mère lui dit qu’il y avait une femme habitant dans la montagne, près de Nikkô, au nord de Tôkyô. Cette femme connaissait la magie et les gens désespérés allaient souvent lui demander de l’aide.

  Alors, Hélène alla consulter cette sorcière japonaise qui officiait dans un vieux temple se trouvant en haut de la montagne. Lorsqu’elle s’y rendit, elle trouva cette femme assise seule au pied de l’autel. Cette femme était assez vieille, avec des cheveux blancs et les yeux cernés. Elle portait un kimono tout blanc et portait au front un hachimaki. Hélène raconta l’histoire de François et de sa famille. Cette dame était une prêtresse et savait que l’âme de Kiku avait tour à tour tué par magie les hommes qui avaient résidé dans cette maison.

― Mais l’âme de Kiku est retournée dans le puits ! dit-elle.

― Son fils Nicolas a cassé la plaque du puits, répondit Hélène.

― Hélas ! se lamenta-t-elle. Ce sera difficile pour vous d’exorciser l’âme de Kiku, mais je vais vous aider autant que possible. Il faut prier les dieux du fond de votre cœur devant un autel où brûle de l’encens de Goma. C’est une méthode de prière que les moines bouddhistes du mikkyô utilisent. Ils brûlent un bois spécial et ils prient.

  Elle donna du bois de Goma à Hélène puis lui enseigna les formules magiques.

― Je vais prier ici en même temps pour vous aider. Je vous fais confiance mademoiselle. Je vous en prie, gagnez la bataille contre Kiku !

  Suivant les enseignements de la vieille dame, Hélène dressa un petit autel dans sa chambre et brûla de l’encens et du bois de Goma. La fumée embrumait sa chambre tandis qu’Hélène priait pour anéantir le fantôme. Soudain, le fantôme se matérialisa sous ses yeux ébahis :

― Arrête de prier ! Eteins ces bougies ! Cela me fait souffrir ! cria-t-il.

  C’était Kiku, une belle jeune femme aux longs cheveux noirs et désordonnés. Son visage était beau mais avait mauvaise mine, tout pâle. Elle fronçait les sourcils et s’irritait. Elle portait à sa main un plat cassé.

  Hélène continua de prier avec ferveur. Le visage de Kiku prit la forme d’un effrayant masque de démon et se rua sur Hélène. Sous l’attaque de Kiku, Hélène se métamorphosa en sorcière, ses cheveux s’allongeant et virant au rouge, hérissés et terribles. Ses yeux, devenus émeraudes, brillaient d’une lueur éclatante. Elle se mit en garde et armée de sa baguette magique et combattit longtemps le fantôme. Pendant le combat Hélène entendit la voix de la prêtresse prononçant des formules magiques. Cela fit souffrir le fantôme et encouragea Hélène.

 

Dessin par Ayako

Décidée à remporter la bataille, Hélène brisa le masque de démon d’un violent coup de baguette magique. Le fantôme disparut en poussant un hurlement déchirant. Hélène s’évanouit sous le coup de la fatigue. Le lendemain matin, Hélène trouva François allongé. Son visage semblait être redevenu normal. Ouvrant les yeux il lui dit en souriant : « Bonjour ! »

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連続小説: Possession Chapitre 4

Les étudiantes de l’atelier de littérature sont fières de vous présenter leur feuilleton. Découvrez toutes les deux semaines l’un des 5 chapitres qui composent Possession!

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Possession 

Chapitre 4 par Shôko

  Pourquoi François avait-il beaucoup changé ?

Pour en connaître la cause, il nous faut remonter dans le passé.C’était en 1850, à la fin de l’époque Edo. Dans la ville de Bancho, devant la maison de Harima Aoyama, une aide ménagère était très occupée à faire des cônes de sel qui serviraient de talismans. Les gens dans la rue en disaient du mal :
― Hier soir,le fantôme de Kiku est encore venu. C’est parce que M. Aoyama est dur tous les soirs.

Harima Aoyama était un samurai supérieur. Il avait les traits réguliers, le nez pointu, les lèvres minces et un regard aigu, mais il n’avait pas de cœur. Il employait une jeune fille qui s’appelait Kiku. Elle avait le visage ovale, les yeux bridés et les cheveux noirs. Un jour, occupés à préparer la soirée de la nouvelle année, les gens prenaient les ustensiles de table, les bols à riz, les sébiles et autres cruchons à saké dans le buffet. Parmi toute cette vaisselle figurait le service en porcelaine d’Imari qui était très beau et précieux. C’était le trésor de la famille d’Aoyama. Il était composé de dix plats ornés de dessins de fleurs de prunier, d’iris et de chrysanthèmes avec autour des fleurs un liseré rouge, bleu et or.

Quand Kiku pris entre ses mains un plat de prix, elle eut le trac. CRAC ! elle le cassa.
― Imbécile!Sois attentive!cria violemment Harima.
― Je suis désolée… je suis désolée… supplia-t-elle.
― Ce n’est plus un trésor. J’ai besoin de dix plats.
― Je vous prie de m’excuser…
― Cette faute est impardonnable !

Entré dans une colère noire, Harima coupa les doigts de la main droite de Kiku. Folle de peur et de douleur, elle se jeta dans le puits. Depuis, le fantôme de Kiku venait chez lui et comptait les plats. Elle avait l’air très belle, mais était pâle comme la neige.

Un jour en plein été, Harima s’était réveillé dans la nuit. Il avait entendu une voix claire de jeune femme :
― Un plat, deux plats, trois plats, quatre plats, cinq plats, six plats, sept plats, huit plats, neuf plats… Il manque un plat…
C’était la voix du fantôme de Kiku.

Harima en avait eu le sang glacé. Immédiatement, il avait pris son sabre à la main et était allé au puits.
― Kiku, ne reviens jamais!avait-il crié en brandissant son sabre.

Ses employés regardaient l’état de leur patron empirer. Ils le quittèrent peu à peu et bientôt seul Harima habitait dans sa grande maison. Une nuit, il but beaucoup avant de se coucher sur son futon. Il n’entendait plus la voix de Kiku. Il dormait bien mais sentait aussi que qelqu’un s’approchait de lui, le regardait, le palpait, montait sur son futon. Son cou fut saisi par des mains blanches qui serrèrent… serrèrent… de toute leur force pour l’étrangler. Il se débattit, il voulut crier ― il ne le put pas ; il voulut remuer ― il ne le put pas ; et il finit par rendre son dernier souffle. Harima était mort.

Recouvrant son cadavre, l’ombre de la femme se releva. La femme aux longs cheveux noirs, Kiku, eut un sourire mystérieux et dit à voix basse :
― Qui est là ?
Et elle commença à chercher son prochain patron. Depuis, beaucoup d’hommes étaient possédés par le fantôme de Kiku.

Une fois, un bonze vertueux fut invité et pria pour consoler l’âme de Kiku. Il scella le puits avec une planche sur laquelle un soutra était écrit.

Cent ans se sont écoulés depuis. Les enfants de François, Nicolas et Isabelle, ont levé les scellés du puits. À ce moment, Kiku s’est réveillée d’un profond sommeil et, chassant sa proie, posséda François.

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連続小説: Possession Chapitre 3

 

Les étudiantes de l’atelier de littérature sont fières de vous présenter leur feuilleton. Découvrez toutes les deux semaines l’un des 5 chapitres qui composent Possession!

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Possession 

Chapitre 3 par Yukari

  Dans l’après-midi, l’air fraîchissait graduellement tandis que le soleil se couchait petit à petit. De temps en temps, le vent soufflait entre les murs de la maison, c’était un jour particlièrement tranquille. La maison se trouvait au centre de Tokyo, près du quartier de Koukyo où l’Empereur habitait et qui s’appelait Edo-jou pendant le période des Tokugawa.

  Le bâtiment était ancien, construit, peut-être, dans la première partie du 20e siècle et mêlant le style européen et japonais. Sur la façade, le portail était de style japonais et constitué d’une grille en bois coulissante. La porte s’ouvrait sur un chemin étroit composé de grandes pierres plates. De chaque côté, de petits jardins suivaient le tracé du chemin jusque derrière la maison. En arrivant à la porte de la grande entrée de la maison, une seconde porte coulissante en bois donnait sur le genkan où l’on ôtait ses chaussures. À droite, il y avait un placard à chaussures sur lequel étaient posées des fleurs dans un vase surmonté d’une estampe ukiyoe. En face de la grande entrée, on voyait un couloir poli. Sur la gauche, il y avait deux pièces, le salon et la chambre d’ami, qui étaient de style européen. Dans le salon, il y avait un grand rayon de bibliothèque avec beaucoup de livres à gauche, et des fauteuils au milieu de la pièce, avec en face deux fenêtres avec des rideaux en dentelle. Juste à côté se trouvait la chambre où Hélène s’était bien installée.

  Elle avait posé une photo de ses parents à la tête du lit, près de l’ours en peluche que sa mère lui avait donné pour son anniversaire, l’année derrière. C’était le dernier cadeau de sa mère. En longeant le couloir à droite, il y avait la salle de séjour où se trouvaient une table basse et un canapé, un buffet contre le mur. À côte du séjour, il y avait une cuisine et une salle à manger. Au fond, un escalier montait à l’étage où il y avait trois chambres pour la famille. Entre la cuisine et la chambre d’Hélène, on voyait la cour qui menait au jardin.

  Les enfants, Isabelle et Nicolas, aimaient y passer le temps avec Hélène. Ce jour-là, comme à leur habitude, les enfants jouaient dans la cour en courant partout. Hélène était assise sur l’herbe, lisant un livre. Isabelle s’amusait à se pendre par les mains à un arbre avant de sauter à terre, puis de recommencer. Nicolas cherchait les insectes qui habitaient dans les arbres ou dans la terre. De temps en temps, il apportait un gros ver de terre à Isabelle tout fier de sa chasse. Elle criait :
― Arrête! Ne t’approche pas de moi!
Il riait aux éclats et retournait à la chasse. Soudain, il cria :
―Hélène! Isabelle! Venez! Tout de suite! J’ai découvert une chose bizarre!
Elles vinrent à lui jusqu’au coin de la cour à côté de la cuisine où était l’ombre du grand arbre.
― Qu’est-ce que c’est que ce truc ? leur demanda Nicolas.
― Je ne sais pas … murmura Isabelle.
Hélène leur expliqua que c’était un ancien puits japonais qui avait été caché minutieusement.
― N’ôte pas le couvercle, car c’est dangereux, tu risques d’y tomber. Je vais parler à Lisa de ce puits.

  Disant cela, elle entra dans la maison pour exposer la situation. Nicolas, tout à la joie de sa découverte, voulut regarder l’intérieur du puits. Malgré ce qu’Hélène lui avait dit, il enleva le couvercle, ramassa des petites pierres et commença à les jeter dans le puits.
― Super ! Super ! Quand je jette une pierre, je n’entends pas le bruit de l’eau. C’est profond ! cria-t-il
― C’est fou ! Il n’y a pas d’eau maintenant. C’est vieux… très vieux… c’est la maison du fantôme maintenant ! Tu as déjà jeté beaucoup de pierres, donc le fantôme sera en colère contre toi ! Je ne sais pas… dit-elle en courant à la maison.
Resté seul , Nicolas avait peur … Il grogna :
― Je vais rentrer chez moi…

  Pendant ce temps Hélène était en train de chercher Lisa dans la maison. Brusquement, elle entendit les voix de François et Lisa qui se querellaient au premier étage. Hélène hésita à les interrompre. Lisa lui avait demandé quand est-ce qu’il partirait à Osaka en mission, et il avait répondu brutalement :

― Pourquoi est-ce que tu te mêles de mes affaires continuellement ?
D’ habitude, il parlait calmement et il était tolérant, mais aujourd’hui il était bizarre. Tout à coup, Hélène entendit un grand bruit de bris de glace. Etonnée, elle se dépêcha de monter l’escalier à l’étage et cria :
― François! Lisa! Qu’est-ce qui s’est passé?
― Non,non… ce n’est rien. Ne vous inquiétez pas ! Je vais faire la cuisine en-dessous, venez avec moi, lui dit-elle.
Isabelle et Nicolas, qui s’étaient approchés près d’Hélène, se tenaient là, debout, l’air étonné. Hélène regarda François qui n’avait pas du tout l’air ordinaire, ses yeux étaient sombres et son visage était pâle de colère. Hélène sentit que quelque chose n’allait pas, mais cela était vague. Au dîner, il n’apparut pas.

  Le lendemain matin, c’était lundi. Lisa préparait le petit déjeuner pour eux, quand les enfants vinrent à la salle à manger. François n’y était pas encore. Tous les matins, il y venait le premier, s’asseyait à la table en lisant le journal et parlait avec sa femme qui faisait la cuisine. Quand les enfants venaient et le saluaient « Bonjour ! », il répondait un « Bonjour ! » sonore. Nicolas demanda à sa mère s’il était malade.
― Il a un rhume, de la fièvre… il sera absent du bureau… répondit Lisa.
Hélène l’interrompit :
― Vite ! vite ! Mangeons, nous n’avons pas le temps !
Elle sentait qu’il s’était empêtré dans une mauvaise affaire, et elle décida d’aider Lisa à guérir François.

  Néanmoins, elle avait dû aller à l’école avec les enfants. Elle n’avait finalement pas réussi à se concentrer sur ses cours et elle s’était hâtée de rentrer à la maison. En ouvrant la porte, elle eut une impression bizarre. Dans la salle à manger, François et Lisa étaient assis avec, gisant à leurs pieds, toute la vaisselle, brisée.
― Où est le plat ? Où est le plat ? criait François.
― Quel plat? Pourquoi le cherches-tu ? Je ne comprends pas ce que tu dis ! Je vais m’évanouir… Je ne sais que faire… bredouillait Lisa.
― Calmez-vous, s’il vous plaît. Vous avez failli mettre les pieds sur la vaisselle brisée. Attention! Vous allez vous blesser. Lisa, pourquoi n’allez-vous pas dans votre chambre ? Je vais faire le ménage ici, dit Hélène.

  Heureusement, Isabelle et Nicolas n’étaient pas encore chez eux. Hélène et Lisa portèrent François à l’étage en le soutenant des deux côtés. De temps en temps, il murmurait. Dans la chambre, elles le calmèrent puis il s’endormit. Rassurées, elles le laissèrent.

  Après le ménage, Lisa prit le thé avec Hélène, elle la remercia et lui parla de François :
― Il est bizarre… cependant il n’y avait pas de problèmes spéciaux. Il est allé au bureau, il a rencontré ses amis et a bu du vin avec eux, il est allé jouer au golf avec ses supérieurs dimanche dernier. Qu’est-ce qui lui est arrivé? Il est toujours gentil et calme, sans colère. Je m’inquiète pour lui… Je ne comprends rien. En tout cas, je l’emmènerai à l’hôpital demain.
― Oui, mais je ne pense pas qu’il soit malade, je sens plutôt quelque chose dans son âme. Je suis désolée, ce que je vais vous dire va vous sembler bizarre, mais en fait, mon arrière-grand-mère était une sorcière, donc j’ai un pouvoir comme elle. J’ai vaguement senti une présence quand je suis arrivée chez vous, d’ailleurs, ça ne me permet pas d’expliquer quoi que ce soit. Je vous ai tout dit maintenant, donc je vous aiderai : je veux le sauver.
― Merci, merci beaucoup. Je ne crois pas que tu sois une sorcière, c’est comme une histoire pour les enfants, mais ça me fait beaucoup plaisir, c’est un grand soutien. Aide-moi à protéger ma famille s’il te plaît.
― Bien sûr, je t’aiderai à protéger ta famille! Pour le moment, le plat est un point de mystère. Si tu aperçois quelque chose, dis-le-moi.

  Au dîner, encore une fois François ne se montra pas dans la salle à manger, et les enfants s’inquiétaient, sentant bien que quelque chose n’allait pas. Néanmoins ils avaient passé une journée normale, ce qui permettait à Lisa de tenir le coup. Elle avait en effet de plus en plus peur de François qui agissait bizarrement devant eux. Après le dîner, ils se lavèrent, firent leurs devoirs et se mirent au lit. Rien ne se passa de particulier. Lisa était morte de fatigue, épuisée intellectuellement, elle alla donc aussi dans sa chambre.
― Bonsoir, Hélène.
― Bonsoir, tu te mets à ton aise, lui répondit Hélène.
Lisa entra dans sa chambre, François dormait sur son lit en ronflant. Elle regarda son visage calme, se sentit rassurée, puis alla se coucher aussi. Bien que fatiguée, elle eut du mal à trouver le sommeil. Petit à petit, elle s’assoupit et dormit profondément. Tout à coup, elle se réveilla et sentit que François n’était plus là. Son lit était vide. Il était minuit. Elle fut étonnée et sortit de son lit pour chercher son mari en faisant attention de ne pas réveiller les enfants. En même temps, Hélène, qui avait entendu le bruit de pas de François et qui était sortie de sa chambre découvrit Lisa.
― François est sorti. Je vais le chercher ! lui dit Lisa.
― Je viens avec toi, je ne peux pas dormir et j’ai entendu du bruit quand il a descendu l’escalier et ouvert la porte de dehors. Allons-y ! répondit Hélène.
Elles le cherchèrent dehors, il semblait qu’il n’avait pas ouvert le portail, mais elles l’ouvrirent et sortirent pour le chercher dans les rues autour la maison. Elles ne le virent pas. Elles décidèrent de le chercher dans le jardin, puis dans la cour, et le découvrirent à côté du puits. François était débout. Il semblait hagard. Il s’était mis devant le puits et murmurait :
― Harima.. Harima… Le puits…
― François ! François ! Rentre à la maison, tu vas avoir froid et c’est minuit !
Lisa réussit à le persuader. Mais il n’était pas ordinaire, il semblait une tout autre personne. Elle prit son bras pour l’emmener, mais tout au contraire il la renversa à terre. Soudain, Hélène comprit. Les mots qu’il avait dit : “Harima”, ”le plat” et “le puits” étaient les clés du mystère de son changement.

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連続小説: Possession Chapitre 2

 

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Possession 

Chapitre 2 par Fujiko

  A son arrivée à Narita, l’aéroport international de Tôkyô, François se sentait bien. Son coeur débordait de vitalité. Après une rapide visite à la succursale du Figaro à Tôkyô, il se rendit chez lui. Il avait voulu une maison confortable et pratique, aussi bien au niveau des transports que pour faire les courses. Vivre dans un bon environnement était important pour sa famille. François aimait beaucoup le Japon, et son rêve était de vivre dans une maison de style japonais, avec un grand jardin.

  L’agence immobilière lui avait trouvé ce qu’il cherchait. C’était une vieille maison dont le loyer était assez cher, mais dans ce quartier, c’était la règle.
― C’est un quartier très animé, avait expliqué l’agent immobilier, mais ici c’est tranquille. Il y a beaucoup de commerces, l’école internationale, et c’est près de la station de métro.

  La maison était située dans le quartier de Bancho, non loin du palais impérial, le château Edo. Nombreux étaient les intellectuels qui avaient vécu lors de l’époque Meiji, à la fin du XIXe siècle. C’était distingué et civilisé.

  La maison était de style japonais, mais le jardin, au fond duquel s’ouvrait un vieux puits, avait été laissé à l’abandon.

  Le soir, François envoya un courriel à sa femme.

  A l’occasion, François ne manquait pas de faire le tour des vieilles ruelles de son quartier, parsemées de vieilles boutiques remplies d’objets anciens au charme désuet. Il adorait la culture japonaise, et tout particulièrement les porcelaines et les faïences japonaises, les kamamoto, et arpentait les marchés aux puces à la recherche d’une belle pièce.

  Il s’intéressait également à l’ukiyo-e de l’époque Edo, ces estampes en couleurs qui dépeignaient la vie quotidienne du peuple, des portraits d’acteurs de kabuki, des courtisanes ou bien encore des paysages. Il trouvait cela très beau et allait souvent au musée les admirer.

  Lisa et les enfants vinrent s‘installer à leur tour et prirent peu à peu leurs marques dans ce nouvel environnement. Chaque jour, Lisa accompagnait Nicolas et Isabelle à l’école internationale et revenait les chercher une fois les cours terminés. Pendant la journée, elle se promenait autour de chez elle, une fois le ménage fait.

  Un jour, elle trouva une boutique de fleuriste et en devint une cliente régulière, sympathisant avec la fleuriste. Pour Lisa, c’était agréable.

  Son fils Nicolas était espiègle, polisson, curieux de tout et débordant d’énergie. Sa fille, Isabelle était gaie, vivante et active. Ils couraient çà et là dans le jardin.

  La famille de François se plaisait de plus en plus dans cette nouvelle maison, mais François de moins en moins.

  Un jour, François reçut un courrier de Lucien, l’un de ses amis qui habitait à Reims avec sa famille. Sa femme, Sayuri, une Japonaise, venait de mourir et et il vivait maintenant seul avec sa fille, qui se prénommait Hélène.

  Hélène était une jeune fille de 16 ans au visage encore poupin, brillant de santé. Ses cheveux, longs et ondulés, étaient bruns. Quand elle faisait du sport, elle les mettait en queue de cheval. Son nez était droit, bien qu’un peu en trompette. Ses yeux étaient marrons et bridés. Elle avait une petite bouche avec un léger bec de lièvre. Son menton était pointu, avec une fossette. Elle aimait porter des boucles d’oreille. Elle était en pleine jeunesse, intelligente, honnête et modeste, mais dynamique.

  Elle s’intéressait au Japon car c’était le pays de sa mère, et celle-ci lui avait longtemps raconté des histoires lorsqu’elle était petite, lui parlant de ce pays et de sa culture, lui racontant de vieilles histoires. Elle n’avait jamais eu l’occasion de s’y rendre et le regrettait.

  Hélène possédait une particularité que ne possédaient pas les autres filles de son âge : elle était la descendante d’une sorcière ! En effet, de par sa grand-mère, du sang de sorcière coulait dans ses veines et elle avait un don de double vue.

  Néanmoins Hélène était plongée dans la tristesse depuis la mort de sa mère et la fréquence de ses intuitions avait augmenté. Lucien s’inquiétait pour sa fille, il souhaitait donc que François la prenne sous sa garde. Dans son courrier Lucien demandait à François d’accepter qu’Hélène vienne en pension chez lui, au Japon. François accepta de bon coeur.

  Début mars 2011 Hélène arriva à Tokyo. François et Lisa vinrent la chercher à l’aéroport.

  Hélène était contente de les revoir. Durant tout son séjour François et Lisa s’efforcèrent d’apaiser sa tristesse. Hélène était très sensible à leur gentillesse.

  Quand Hélène pénétra dans leur demeure pour la première fois, elle eut un frisson:
― Qu’est-ce que c’était que ça ? murmura-t-elle.

 

  Plus tard Hélène alla voir sa grand-mère, nommée Sakura. Elle était douce, affectueuse et gentille. Hélène se sentit tout de suite très proche d’elle. Sakura parla de l’enfance de Sayuri, faisant appel à ses souvenirs. Malgré tout, évoquer sa mère fit de la peine à Hélène.

  Sa grand-mère commença à lui parler de l’âme de Harima et de Kiku. Pourquoi ? C’était une histoire de fantômes. C’était terrible, mais c’était une vieille histoire intéressante.

  Hélène fut heureuse du temps passé avec sa grand-mère.Quand elle rentra chez François elle eut une drôle d’impression:

― Il y a quelque chose dans l’air, pensa-t-elle.

Elle fit des recherches afin de trouver des détails sur l’histoire de Harima et Kiku parce qu’elle s’y intéressait.

Chaque jour, une fois rentrée chez François, Hélène jouait avec Nicolas et Isabelle dans le jardin. Ses impressions étaient alors très fortes. Un sentiment d’oppression grandissait en elle jour après jour. François avait l’air de plus en plus fatigué et son visage ainsi que sa personnalité se durcissaient et s’assombrissaient. Hélène se faisait du souci pour François et Lisa:
― Si seulement je pouvais les aider ! pensait-elle.

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連続小説: Possession Chapitre1

 

Les étudiantes de l’atelier de littérature sont fières de vous présenter leur feuilleton. Découvrez toutes les deux semaines l’un des 5 chapitres qui composent Possession!

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Possession 

Chapitre 1 par Akiko

  Les vacances d’été en Provence avaient été de courte durée, et cependant quel merveilleux souvenir laisserait le tapis de lavande, cela sentait si bon ! Bien que l’on ne soit qu’à la mi-août François était rentré chez lui avec sa famille. En effet, son changement de poste avait déjà été décidé et il devrait se rendre à Tôkyô en septembre.

  Parisien et journaliste, François travaillait au Figaro à Paris. A 37 ans, son corps était élancé et son teint frais et rose le faisait presque ressembler à un adolescent. Il s’intéressait à la culture japonaise, en particulier aux porcelaines japonaises et aux ukiyo-e, ces images du monde flottant, estampes de l’époque Edo.

  Il s’était marié à 28 ans avec Lisa, une camarade de l’université devenue pédopsychiatre. Ses cheveux blonds et ses yeux bleus, son intelligence et son élégance faisait d’elle une très belle femme, malgré sa taille, qu’elle trouvait trop petite. Ils avaient eu ensemble deux enfants : Nicolas, 8 ans, et Isabelle, 6 ans. François était un homme comblé.

  Lisa avait accueilli froidement la nouvelle de leur déménagement à Tôkyô, elle n’avait pas envie de quitter Paris, mais ne voulant pas priver Nicolas et Isabelle de leur père, elle avait décidé d’aller au Japon. Après bien des hésitations, elle s’était dit que ce serait une nouvelle vie pour eux, l’occasion pour les enfants de découvrir un nouvel univers. François et Lisa s’étaient mis d’accord : il partirait d’abord seul puis elle le rejoindrait avec les enfants une fois qu’il aurait trouvé une maison à Tôkyô.

  Fin août, un dimanche, c’était leur neuvième anniversaire de mariage. Dans la matinée François et Lisa s’étaient promenés dans le jardin du Luxembourg, près de chez eux, avec leurs enfants. Nicolas et Isabelle, au comble de la joie, avaient couru çà et là dans le parc. Le soir, le couple avait dîné en tête-à-tête au restaurant et avaient bu du champagne pour fêter l’événement. Sans le savoir, ils vivaient là leurs derniers instants de bonheur.

  Le mois de septembre marquait le début de la rentrée scolaire en France. L’automne arrivait à Paris, mais à Tôkyô ce n’était pas une saison triste. Le ciel était bleu et il ne faisait pas encore froid. François était parti de chez lui pour aller à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle en taxi. Le cœur serré, il regardait défiler le spectacle familier de Paris.
― Je te quitte pendant quelques temps, songea-t-il. Adieu, Paris !

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